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15-02-2008  Le point sur les activités  
République centrafricaine : activités du CICR d'octobre 2007 à janvier 2008
Les conditions de sécurité et la situation humanitaire dans le Nord de la RCA sont restées préoccupantes pendant cette période. La population civile continue de subir de nombreux abus et les personnes déplacées peinent à rentrer chez elles.


Résumé de la situation

Malgré l'annonce d'un dialogue politique inclusif et d'un déploiement en cours de la force UN/EU, les conditions de sécurité et la situation humanitaire dans le Nord de la RCA a évolué en dents de scie durant la période considérée.

Pour l'heure, les troubles au Tchad n'ont pas encore eu des conséquences visibles au niveau de la Préfécture du Vakaga (nord du pays), mais la sous-délégation reste très attentive.

La poursuite et l'intensification des activités des coupeurs de route et les affrontements sporadiques entre l'APRD et les forces gouvernementales maintiennent un climat d'insécurité peu favorable au retour des déplacés.

Dans ce contexte le CICR a continué ses activités d'assistance et de protection des personnes touchées par le conflit.


Protection

L'action opérationnelle de protection du CICR, visant à prévenir et à faire cesser les violations des règles protégeant les populations civiles et leurs biens, s'exerce principalement au niveau des zones conflictuelles, par la combinaison de plusieurs activités : récoltes des allégations de violations, démarches bilatérales et confidentielles, visites de lieux de détention, séances de diffusion sur le droit international humanitaire (DIH).

Population civile
Les populations civiles dans les zones touchées par le conflit subissent des menaces, sont victimes de rackets, vols, pillages de biens, et sont soumis à la justice privée ainsi qu'à des mauvais traitements de la part de certains porteurs d'armes. Elles continuent aussi d'être touchées par les actions des coupeurs de route. Par moments, elles sont obligées de se déplacer, à la recherche d'endroits plus sûrs, suite aux affrontements entre coupeurs de route et l'APRD.

Entre octobre 2007 et janvier 2008, la délégation a :

  • recueilli et documenté des allégations d'abus commis par les porteurs d'armes à l'égard des civils, soumis des observations officielles aux autorités gouvernementales et rebelles, entre autres dans le but de prévenir des potentiels abus ;
  • échangé 113 messages Croix-Rouge (MCR) entre des civils et leurs proches, détenus ou parents, dont ils sont séparés en raison de conflits aussi bien en République centrafricaine que dans les pays avoisinants.

Personnes privées de liberté
Les conditions de vie et d'hygiène dans les lieux de détention en République centrafricaine se détériorent de plus en plus. L'État manque de moyens pour faire face aux besoins d'une population carcérale stable ou en augmentation. Le CICR visite régulièrement les personnes détenues en lien avec le conflit interne. Il surveille l’état de santé et le bien-être de l’ensemble de la population carcérale de la République centrafricaine.

Durant la période considérée, le CICR a :
  • effectué 35 visites dans 20 lieux de détention permanente et provisoire. Au total, 19 détenus de sécurité ont été visités pour la première fois et enregistrés;
  • évalué l'état nutritionnel des détenus dans six maisons d'arrêt et effectué une surveillance nutritionnelle par la méthode du Body Mass Index dans les maisons d'arrêt de Bria, Bouar, Mbrès, Bossangoa et Bossembélé ;
  • pris en charge individuellement des détenus atteints de malnutrition grave par une distribution de complément alimentaire (pâte d'arachide enrichie – Plumpy nut) ;
  • exécuté une campagne de déparasitage intestinal dans tous les lieux de détention visités et pratiqué une deuxième campagne dans les maison d'arrêt de Bimbo, Ngaragba, Sibut et Bossangoa ;
  • mis en place des pharmacies contenant une assistance médicale de base dans les maisons d'arrêt de Bossangoa et de Sibut afin d'améliorer l'accès aux médicaments des détenus qui consultent dans les hôpitaux ;
  • poursuivi son assistance en médicaments et matériel de base dans les maisons d'arrêt de Ngaragba et Bimbo ;
  • donné une assistance au champ pénal de la maison d'arrêt de Bossangoa qui a ainsi pu récolter 400 kilos d'arachides et 700 kilos de patates douces pour le bénéfice des détenus ;
  • échangé 25 MCR entre les détenus et leurs familles.

Assistance

Les affrontements ont baissé d'intensité, mais l'insécurité demeure. La population dans le Ouham, Ouham Pendé, Nana Grébizi hésite encore à regagner ses foyers, tandis qu'à Birao, certaines personnes commencent à revenir. Mais ce retour en vue ne s'accompagne pas d'une amélioration de la situation humanitaire. Les conséquences directes des affrontements, en termes de destruction de biens essentiels, se font encore sentir sur la vie quotidienne d'une partie des personnes déplacées. En outre, la dégradation des infrastructures et du tissu économique, l'arrêt prématuré des pluies et les destructions de récoltes et de biens par les inondations intervenues dans certaines régions du Nord exposent les populations à une plus grande vulnérabilité.


Sécurité économique, eau et habitat
Les programmes de distribution de matériel de première nécessité (couvertures, bâches, nattes, houes, ustensiles de cuisine) ont continué dans les zones du Nord, au profit des personnes déplacées et autres populations vulnérables. L'état déplorable des infrastructures hydrauliques et sanitaires accroît les besoins humanitaires de base pour la grande majorité de la population. Le CICR tente d'y faire face en menant des évaluations dans le domaine de l'hydraulique et de la santé dans les régions de Ouham, Ouham Pendé, Nana Gribizi et Vakaga.

Durant la période considérée, le CICR a :

  • distribué dans les préfectures de l'Ouham, Ouham Pendé, Nana-Grébizi, des articles essentiels à plus de 12,100 personnes ;
  • fourni une assistance ponctuelle au profit de groupes de réfugiés soudanais du Darfour ;
  • fourni, en partenariat avec la Croix-Rouge centrafricaine et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, une assistance en biens essentiels aux victimes des inondations de Bossangoa ;
  • mené des activités de rétablissement des liens familiaux, en particulier au niveau du camp pour réfugiés de Sam Ouandja, qui compte environ 2650 réfugiés soudanais du Darfour ;
  • réalisé la construction de 6 latrines publiques et de 120 latrines familiales dans les préfectures de Mbomou et Basse-Koto ;
  • soutenu une mission de recherche de fonds de journalistes hollandais et de la Croix-Rouge des Pays-Bas en vue du financement des projets eau et habitat du CICR ;
  • réhabilité et remis en état 15 puits améliorés dans les préfectures de Mbomou et de Basse-Koto ;
  • réalisé 3 sources d'eau protégées pour 2500 bénéficiaires dans les préfectures de Mbomou et de Basse-Koto.

Coopération avec la Croix-Rouge centrafricaine (CRCA)

En RCA, la Société nationale a longtemps souffert des crises politico-militaires. Le CICR lui apporte un appui institutionnel visant à renforcer ses branches locales, dépourvues de tout moyen. La délégation a continué de fournir une assistance technique, matérielle et financière afin d'augmenter les capacités d'intervention de la Société nationale auprès des populations.

Durant la période considérée, le CICR a :

  • soutenu la formation des volontaires des comités préfectoraux en matière de préparation à l'urgence ;
  • mis à la disposition des équipes d'urgence 300 trousses de premiers secours ;
  • sensibilisé une centaine de volontaires au DIH et aux principes fondamentaux du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ;
  • financé entièrement la construction du siège préfectoral de la Croix-Rouge centrafricaine à Bangassou ;
  • apporté son soutien au département communication de la Croix-Rouge centrafricaine ;
  • associé les branches locales aux opérations de distribution de biens essentiels dans les régions en conflit.

Promotion du droit international humanitaire (DIH)

En RCA, les porteurs d'armes ont une connaissance limitée du DIH et des modalités d'action du CICR.

Durant la période considérée, le CICR a :

  • organisé 35 séances de diffusion sur les activités du CICR et les règles de base du DIH au profit de près de 800 porteurs d'armes à Bangui et dans les zones touchées par le conflit (Paoua, Kaga Bandoro et Birao) ;
  • organisé un séminaire au profit de 12 officiers exerçant des responsabilités dans le commandement ;
  • renforcé ses contacts avec les milieux religieux, en particulier musulman, à Bangui ;
  • organisé une conférence de presse avec les journalistes centrafricains les informant des défis et des perspectives de l'action du CICR en RCA ;
  • informé plus d'une centaine de membres de la société civile sur les activités du CICR en RCA ;
  • Facilité la participation d'un représentant de la RCA à la Conférence internationale du Mouvement international (Genève, novembre 2007) ;
  • Conçu et réalisé des émissions radio et des jeux-concours sur la connaissance de la Croix-Rouge et du DIH.



Informations complémentaires :

Jean-Nicolas Marti, chef de délégation du CICR à Bangui, tél. : + 236 611 174
Abdou Latif Mbake, délégué communication du CICR à Bangui, tél. : + 236 611 014
Marçal Izard, CICR Genève, tél. : + 41 22 730 2458



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15-02-2008