Accueil
  English
  Arabic
  Russian
  Chinese
Aidez les victimes de la guerre : faites un don au CICR aujourd'hui
9-04-2008  Interview  
Tchad : adapter l’assistance aux besoins spécifiques des personnes déplacées dans l’est du pays
Après l’offensive avortée contre la capitale tchadienne, N’Djaména, début février, les affrontements entre les groupes d’opposition armés et les forces armées tchadiennes se multiplient, tandis que l’est du pays est régulièrement le théâtre de violences intercommunautaires localisées. De retour d’une visite au Tchad, le directeur adjoint des opérations du CICR, Dominik Stillhart, décrit la situation humanitaire qui prévaut actuellement dans le pays, insistant notamment sur la particularité des activités d’assistance que mène l’institution au Tchad oriental.

Comment décririez-vous la situation qui prévaut actuellement au Tchad ?

La tendance à une recrudescence des affrontements entre les groupes d’opposition armés et les forces armées tchadiennes relevée à la fin de l’année dernière semble persister. On a notamment assisté à l’offensive avortée contre la capitale tchadienne, N’Djaména, début février, et à des combats autour de la ville d’Adé, dans l’est du pays, début avril.

Cependant, le conflit armé non international qui oppose le gouvernement et les groupes d’opposition armés touche moins de civils que les violences intercommunautaires régulières et très localisées dans l’est du pays, en particulier dans la région du Dar Sila et dans certaines zones septentrionales du Dar Assoungha. Les forces de sécurité nationale sont souvent absentes de ces régions, et l’insécurité qui y règne en limite l’accès aux organisations humanitaires. Cette situation permet difficilement de garantir que les personnes touchées par les combats reçoivent une assistance humanitaire adéquate.

Vous venez de rentrer d’une visite au Tchad, notamment dans l’est du pays. Quelle est la situation qui y prévaut sur le plan de la sécurité ?

La situation de sécurité au Tchad oriental est toujours explosive. Cependant, un certain nombre d’habitants ont décidé de rentrer chez eux, soit provisoirement, faisant des allers et retours entre les endroits prévus pour accueillir les déplacés et leurs villages, soit de manière permanente. Cela dit, beaucoup de ces personnes n’ont clairement pas l’intention de rentrer chez elles, ou alors ne peuvent pas le faire, principalement en raison du danger que cela impliquerait. Les personnes déplacées qui ne pourront par retourner chez elles dans un futur proche devront trouver un moyen de s’installer dans leurs nouvelles communautés, et d’assurer leur subsistance sans compter sur l’aide humanitaire.

Dans le Dar Sila, par exemple, la plupart des habitants ont dû fuir leurs villages à cause des combats entre communautés rivales. Les familles déplacées de cette région sont parmi les moins disposées à retourner chez elles. Dans le nord de l’Assoungha, en revanche, bien que les tensions persistent et que les besoins de la population soient toujours plus importants, la situation n’a pas conduit les civils à fuir leur foyer.

Que fait le CICR pour venir en aide aux personnes touchées par le conflit ?

Le CICR tente d’adapter ses activités d’assistance et de protection à la situation telle qu’elle est sur le terrain. S’il est vrai que dans certaines régions, comme dans l’Assoungha, les gens ont commencé à regagner leurs villages, cela ne veut pas dire que toutes les personnes déplacées sont en mesure de rentrer chez elles.

Les équipes du CICR à l’œuvre au Tchad oriental s’apprêtent à distribuer des semences et des vivres pour répondre aux besoins des communautés agricoles, et ce, durant les trois mois qui précéderont la saison des récoltes, en octobre ou en novembre. Nous porterons assistance aux familles déplacées dans l’Assoungha et le Dar Sila, ainsi qu’à 3 000 ménages qui ont regagné leur foyer dans la région de Borota, et à 1 400 autres qui sont retournés à Kawa, dans le nord de l’Assoungha. Au total, près de 57 000 personnes recevront des semences et des outils agricoles, ainsi qu’une assistance alimentaire (céréales, haricots, huile, sucre et sel).

Qu’est-ce qui fait la particularité des activités d’assistance du CICR au Tchad oriental ?

Tout d’abord, chaque fois que cela est possible, le CICR fait en sorte d’éviter que les gens ne quittent leurs villages d’origine. Là où des déplacements ont déjà eu lieu, nous travaillons à proximité des villages d’origine des personnes déplacées afin de permettre à ces dernières de recommencer à cultiver leurs terres et de devenir autosuffisantes. Nous ne voulons pas que notre assistance contribue à faire durer les déplacements, ou à les encourager.

Deuxièmement, pour autant que les conditions de sécurité soient satisfaisantes, le CICR soutient le retour volontaire des déplacés grâce à des programmes conçus en fonction de leurs besoins spécifiques, notamment des projets agricoles et des aides visant à améliorer les systèmes d’irrigation.

Enfin, le CICR, qui agit en faveur des victimes de manière neutre et indépendante, est une des rares organisations humanitaires à pouvoir accéder aux régions rurales. Nous sommes ainsi en mesure d’évaluer les besoins – non seulement des personnes déplacées, mais aussi des résidents locaux – et d’y répondre de façon appropriée. Toutes nos évaluations consistent notamment à vérifier si les gens ont été victimes de violations du droit international humanitaire et s’ils ont besoin d’être protégés.

©CICR/T. Gassmann/td-e-00478
Camp de personnes déplacées à Arkoum, au Tchad oriental.

©CICR/T. Gassmann/td-e-00411
Gounger, Tchad oriental. Une déléguée et un employé local du CICR discutent avec une bénéficiaire du programme de sécurité économique du CICR.

©CICR/T. Gassmann/td-e-00432
Borotha, Tchad oriental. Des femmes et des enfants viennent puiser de l'eau en fin de journée à un puits réhabilité par le CICR.

Autres documents dans cette section :
Dans le monde > Afrique > Tchad 


Vers le haut
Accueil | Plan du site | Recherche | Quoi de neuf | Contacts | Copyright | Politique de confidentialité | RSS
© 2008  Comité international de la Croix-Rouge
9-04-2008