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6-12-2007    
Congo-Kinshasa : le point sur les activités du CICR dans les deux Kivu – novembre 2007

Situation humanitaire


Nord-Kivu : derniers développements

  • De violents affrontements ont lieu depuis le 1er décembre entre les troupes gouvernementales et les forces de Laurent Nkunda. Les combats semblent pour l'heure concentrés dans certaines zones des territoires de Rutshuru et de Masisi.

  • Conséquence immédiate de cette situation : de nouveaux déplacements et un nouvel exode des populations civiles contraintes de fuir pour trouver refuge dans des zones plus sûres. Certaines tentent de rejoindre les camps de déplacés près de Goma, tandis que d'autres se dirigent vers le Sud du territoire de Lubero.

  • Accroissement du nombre de blessés. Ceux-ci sont généralement transférés dans les trois principaux hôpitaux, à Goma (hôpital militaire de Katindo et hôpital de Heal Africa) et à Kitchanga. Des difficultés d'approvisionnement des structures médicales risquent de se poser si les affrontements devaient se poursuivre.

  • La plupart des organisations humanitaires présentes dans les zones de combat ont dû déplacer leur personnel vers des zones plus sûres. Se pose une nouvelle fois le problème de l'accès des organisations humanitaires qui, pour des raisons de sécurité, ne seront pas en mesure de venir au secours des victimes les plus vulnérables.
Nord-Kivu : novembre 2007
  • Le CICR, durant cette période, a continué de constater un nombre préoccupant de violations du droit international humanitaire (DIH), notamment des viols, des recrutements forcés de mineurs, des exécutions arbitraires, de nombreux cas de pillage ainsi que des cas de destruction intentionnelle d'infrastructures essentielles à la survie de la population (comme les réseaux d'approvisionnement en eau).

  • Depuis le début de la reprise des affrontements armés fin août 2007, le nombre de personnes déplacées au Nord-Kivu s'élève actuellement à plus de 370,000, selon les estimations des organisations humanitaires. Les déplacés tentent de trouver refuge dans des lieux plus sûrs tels que Kikuku, Pinga, Nyanzale, Kitchanga ou Goma, pour ne nommer que les localités où un grand nombre de personnes sont arrivées au cours des quatre dernières semaines. Même si les déplacés réussissent quelquefois à trouver refuge chez des amis ou des parents, des camps de fortune ont été installés à Goma, Masisi et Kiwanja. Les installations sanitaires, les centres de soins de santé et l'approvisionnement en nourriture de tous ces endroits sont mis à rude épreuve.

  • Les organisations humanitaires ont à ce jour identifié deux régions dans lesquelles la population locale est touchée par une épidémie de rougeole. Cette dernière ne résulte certes pas directement du conflit, mais les combats rendent extrêmement difficile le transport de vaccins et d’autres médicaments.
Sud-Kivu
  • Le Nord de cette province a été touché par la récente flambée de violence au Nord-Kivu. De nombreuses personnes ont fui pour trouver refuge au Sud-Kivu, notamment à Minova, Nyabibwe et Nyamasasa, près de la frontière. Les structures de santé ont du mal à faire face à cet afflux de personnes qui ont tout perdu. Ces structures traitent de nombreux cas de violences sexuelles. L'accès aux biens de première nécessité est un véritable problème.

Réponse du CICR

Au cours des quatre dernières semaines, le CICR a accéléré ses missions dans les régions préalablement inaccessibles en raison des combats et de l’instabilité générale (par exemple, Masisi, Matchumbi, Pinga, Nyanzale, Mushaki et Nyamilima) afin d'y évaluer les besoins humanitaires. Avec la reprise des hostilités ouvertes le 1er décembre dernier, le CICR se concentre sur des activités d'urgence, et principalement l'assistance aux structures devant accueillir et traiter des blessés de guerre.

Sensibilisation aux règles fondamentales du droit international humanitaire

Des discussions confidentielles ont lieu entre les délégués du CICR et les autorités militaires ou civiles. Il est régulièrement rappelé à toutes les parties belligérantes, par voie de la radio, les obligations qui leur incombent au titre du droit international humanitaire (DIH) afin d'épargner la vie et de respecter la dignité des populations civiles, des blessés ou des personnes capturées en relation avec le conflit.

Assistance aux victimes de violences sexuelles

Le CICR apporte un soutien constant à la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo pour l'aider dans la prestation de conseils psychologiques aux victimes de violences sexuelles et pour s'assurer que les victimes reçoivent rapidement des soins médicaux nécessaires dans les camps de Mugunga 1 et de Lac-Vert pour personnes déplacées.

À Kalehe, Minova, et Nyabibwe, où un nombre important de victimes de violence sexuelle a été recensé, le CICR continue d'apporter son soutien aux structures de santé en leur distribuant des kits PEP pour prévenir les maladies sexuellement transmissibles.

Protection des personnes privées de liberté

Conformément à son mandat, le CICR continue de visiter et de recenser les personnes détenues en relation avec le conflit, quelle que soit la partie qui les détient. Les soins de santé sont prodigués aux détenus sur une base ad hoc. Le CICR poursuit également ses efforts visant à rétablir les liens familiaux en envoyant des messages Croix-Rouge (brefs messages personnels à des proches inaccessibles en raison du conflit) et en réunissant les familles lorsque les conditions de sécurité le permettent.

Action médicale

Depuis le début du conflit, le CICR a apporté un soutien chirurgical à plus de 500 blessés de guerre. L’organisation met à disposition un et quelquefois deux chirurgiens, deux délégués santé, et un physiothérapeute pour aider les médecins locaux à traiter les cas les plus difficiles.

Au cours des quatre dernières semaines, 12 centres de soins de santé ont reçu un appui médical et/ou chirurgical de base :

  • Hôpital militaire de Katindo (Goma)
  1. approvisionnement régulier en médicaments de base et en kits «blessés de guerre»
  2. appui chirurgical
  3. séances de physiothérapie
  4. mesures visant à prévenir les épidémies dans l'hôpital et aux alentours
  • Hôpital CBK à Kitchanga
  1. approvisionnement régulier en médicaments de base et en kits «blessés de guerre»
  2. appui chirurgical
  • Centre de santé de Nyamilima, hôpital de Nyamilima, centre de santé de Matchumbi, hôpital général de Pinga, hôpital de Minova, hôpital de Kalehe, centre de santé de Nyabibwe
  1. kits de médicaments et de matériel médical essentiels
  2. vaccins contre la rougeole (Pinga)
  • Hôpital de Kayna, et hôpital Heal Africa à Goma
  1. kits «blessés de guerre»
  • Camp militaire de Rumangabo et environs
  1. secours médicaux et articles pour la prévention et le traitement du choléra

Secours d’urgence
  • Une large distribution en biens de première nécessité était prévue dans le territoire de Masisi. L'enregistrement des bénéficiaires a pu être accompli mais la recrudescence des combats a empêché la distribution.
  • Une vaste distribution de secours en biens de première nécessité a eu lieu à Minova et à Nyabibwe, au Sud-Kivu, pour 1300 familles déplacées. Cette distribution fait suite à celle effectuée pour 950 familles en septembre dans la même région.
  • Du sucre et du riz sont régulièrement offerts au centre de transit de Don Bosco à l'appui de son action en faveur des enfants qui attendent d'être réunis avec leur famille.
  • Du savon a été distribué dans plusieurs prisons pour y améliorer l’hygiène.

Eau et assainissement
  • Camp de Katindo : appui à la construction de 38 latrines
  • Hôpital de Masisi : 2 réservoirs de 5000 litres d'eau chacun ont été mis en place et reliés au réseau local de distribution d'eau
  • Hôpital de Katindo : de l'eau potable continue d'être régulièrement acheminée par camion-citerne. Des travaux sont en cours pour brancher cet hôpital sur le réseau d'eau urbain
  • Hôpital de Matchumbi : l'accès à l'eau a été rétabli
  • Hôpital de Kitchanga : réhabilitation du réseau d'eau en cours
  • Sake : plusieurs canalisations d'eau nécessaires à l'approvisionnement de la ville ont été réparées
  • Pinga : l'accès en eau potable a été assuré pour 19,000 personnes




Informations complémentaires :
Olga Miltcheva, déléguée communication, CICR Goma, tél. : + 243 81 036 68 12
Wolde-Gabriel Saugeron, coordinateur communication, CICR Kinshasa, tél. : + 243 81 700 85 36


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6-12-2007