29-04-2008 Le point sur les activités Golan occupé : activités du CICR en 2007 Le CICR travaille sur le plateau du Golan occupé depuis 1967 ; il y assure une présence ininterrompue depuis 1988, date à laquelle il a ouvert son bureau à Majd el Shams. Ses activités se concentrent principalement sur le rétablissement et le maintien des liens familiaux entre les 21 000 habitants du Golan et leur famille vivant de l’autre côté de la ligne de démarcation. Passage d’étudiants et de pèlerins Israël a pris le contrôle du Golan en 1967, lors de la guerre des six jours, et continue à occuper ce territoire. En décembre 1981, il a annexé unilatéralement le Golan, soumettant ainsi toute personne vivant sur ce territoire aux lois, à la juridiction et à l'administration israéliennes.
Le CICR considère que le Golan est un territoire occupé et que, par conséquent, la IVe Convention de Genève de 1949 et d’autres règles coutumières reflétées dans le Règlement de La Haye de 1907 y sont applicables. Pour les habitants arabes syriens du Golan occupé, il est extrêmement difficile, voire impossible, de se rendre en Syrie. Le CICR, en sa qualité d’intermédiaire neutre, collabore avec des fonctionnaires des deux pays pour faciliter leur passage, à des fins éducatives et religieuses. Des pèlerins (cheiks druzes) traversent depuis 13 ans grâce à l’aide du CICR. En 2007, lors du pèlerinage druze annuel du mois de septembre, le CICR a facilité le passage de 500 pèlerins. Depuis 15 ans, il aide régulièrement les étudiants à passer, afin qu’ils puissent aller à l’université en Syrie. En 2007, le CICR a facilité le passage de 672 étudiants lors de 11 opérations.
Visites aux détenus Le CICR visite régulièrement les Arabes syriens détenus par les autorités israéliennes. En 2007, les délégués du CICR ont visité 19 détenus originaires du Golan occupé dans neuf lieux de détention différents en Israël. Ils ont également enregistré sept nouveaux détenus venant du Golan. Selon certaines sources, les prisons israéliennes comprendraient 23 détenus du Golan. Tous ceux qui sont enregistrés par le CICR peuvent recevoir des visites de leurs proches grâce au programme de visites familiales du CICR. En 2007, plus de 100 personnes ont fait 1 176 visites à des membres de leur famille détenus. Conformément à ses procédures de travail habituelles, le CICR constate les conditions de détention, fait part de ses observations confidentielles aux autorités compétentes, et suit de près la mise en oeuvre de ses recommandations.
Facilitation de mariages Le CICR fournit une assistance pour les questions pratiques lors de mariages entre des habitants arabes syriens du Golan occupé et leur futur conjoint vivant en Syrie proprement dite. Ceci inclut l’obtention de garanties de sécurité pour les invités annoncés. Ces cérémonies de mariage sont aussi l’occasion, très rare, pour les familles dispersées de se retrouver, ne serait-ce que pour une heure. Elles sont organisées sous l’égide du CICR dans la zone démilitarisée, au point de passage de Kuneitra. En 2007, le CICR a facilité deux mariages dans la zone démilitarisée contrôlée par l’ONU. Dans les deux cas, les futurs mariés du Golan occupé se sont rendus en Syrie, respectivement le 12 mars et le 19 septembre. Le CICR offre ce service depuis plus de 20 ans.
Visites familiales en Syrie La grande majorité des 21 000 Arabes syriens du Golan ont des proches qui vivent en Syrie, mais ils ne peuvent pas leur rendre visite ni même communiquer avec eux à cause du bouclage de la zone de séparation. Par le passé, le CICR gérait un programme de visites familiales qui permettait aux proches de se retrouver en Syrie une fois par année pendant deux semaines Ce programme a été brusquement interrompu en 1992. Le CICR a lancé de nombreux appels et continue à le faire. Toutefois, les visites n’ont pas encore repris. Cette impossibilité de maintenir des liens sociaux, culturels et familiaux a d’énormes conséquences pour la population arabe syrienne du Golan occupé. En effet, la majorité des habitants du Golan considère que la reprise des visites familiales est la plus importante des questions liées à l’occupation et qu’elle doit être résolue de toute urgence. Le CICR estime aussi que le redémarrage du programme est une priorité et il continue à agir aux plus hauts niveaux. En 2007, l’institution a redoublé d’efforts pour attirer l’attention des milieux diplomatiques et des médias sur cette question d’ordre humanitaire très importante. Les conséquences de la suspension du programme de visites familiales sont illustrées par un groupe récemment créé de quelque 50 femmes qui, au cours des ans, ont quitté la Syrie pour venir se marier sur le plateau du Golan occupé, et s’y sont établies. De ce fait, elles et leurs enfants ne peuvent plus retourner à leur lieu d'origine en Syrie. Ce groupe s’est adressé plusieurs fois au CICR en 2007 et a demandé instamment que les visites familiales en Syrie soient reprises. En septembre 2007, le CICR a facilité le passage de quatre habitants du Golan occupé afin qu’ils puissent assister aux obsèques de proches. Exceptionnellement, les autorités israéliennes ont délivré des autorisations pour ces visites.
Échange de documents officiels et de messages Croix-Rouge Le CICR transfère des documents officiels, comme des procurations, des certificats de naissance, de mariage et de décès, ainsi que des titres de propriété entre le Golan occupé et la Syrie proprement dite. C’est un service vital qui permet de préserver l’unité familiale par-delà la ligne de démarcation et qui aide les familles arabes syriennes vivant au Golan occupé à gérer une situation juridique complexe. En 2007, le CICR a transmis 126 procurations et nombre d’autres documents et certificats officiels du Golan en Syrie. Il a en outre recueilli et distribué des messages Croix-Rouge, permettant aux habitants arabes syriens et aux membres de leur famille vivant de l’autre côté d’échanger des nouvelles.
Initiatives économiques En 2005 et 2006, à la demande d’Israël et de la Syrie, le CICR a transporté 8 000 tonnes de pommes du Golan occupé vers les marchés syriens, à travers la ligne de séparation de 1974. Une opération semblable en 2007 a permis de transporter une quantité record de pommes : 8 000 tonnes en une seule année. La vente de ces fruits stimule fortement l’économie locale et crée un lien économique et humanitaire essentiel entre les fermiers arabes syriens du Golan occupé et les marchés syriens. Ce programme est possible parce que toutes les parties reconnaissent le rôle d’intermédiaire fiable et neutre du CICR.
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