Durant cette période de transition, le CICR a concentré ses programmes sur la recherche des personnes disparues, le rétablissement des liens familiaux, l’assistance aux blessés et aux amputés, la distribution d’eau potable dans les zones rurales et les prisons, et le soutien, par le biais de projets microéconomiques, aux familles qui étaient le plus dans le besoin.
Dans le nouveau climat politique, le CICR poursuit ses efforts pour promouvoir et développer le droit international humanitaire au Népal, notamment en encourageant les autorités à ratifier les traités de DIH et à prendre les mesures nécessaires pour que leurs dispositions soient incorporées dans la législation nationale.
Le CICR continue à collaborer étroitement avec la Croix-Rouge du Népal.
Protection
Depuis le début de l’année, le CICR a réorganisé ses activités de protection afin qu’elles correspondent aux nouvelles réalités sur le terrain. Depuis mai 2006, la question des personnes disparues est devenue prioritaire.
Durant la période considérée, le CICR a continué à rassembler des informations sur les personnes qui ont disparu pendant le conflit. Il est aussi retourné voir la plupart des familles ayant fait part de la disparition de proches ces cinq dernières années, pour obtenir éventuellement de nouvelles informations.
Grâce à ce processus et aux appels à la population lancés dans les journaux et à la radio, il a également documenté de nouveaux cas. Tous les noms des personnes recherchées ont été communiqués aux autorités compétentes et au PCN-M, et les délégués ont pu informer certaines familles du sort de leurs proches.
Depuis janvier 2006, 504 cas ont été résolus. Fin septembre, le CICR recherchait encore activement 705 personnes, dont 34 mineurs et 71 femmes.
Les délégués ont par ailleurs recueilli des informations sur l’emplacement de certaines tombes en vue d’un éventuel processus d’exhumation sous la responsabilité des autorités compétentes.
La délégation a entrepris un certain nombre de démarches diplomatiques auprès de certains nouveaux organes de l’État et du PCN-M, comme le comité de rédaction de la Constitution provisoire ou le comité national de surveillance du Code de conduite régissant le cessez-le-feu, pour soulever le problème des disparus et de leurs familles.
Grâce au processus de paix, le nombre d’exactions présumées commises contre la population a diminué. Les délégués du CICR ont enquêté sur ces cas et effectué les démarches nécessaires auprès des autorités concernées et du PCN-M.
Durant la période considérée, le CICR a enregistré 31 enfants liés au PCN-M. Il recherche leurs parents et évaluera la situation de sécurité avant d’organiser le regroupement des familles. En attendant, les enfants sont hébergés dans un foyer pour enfants à Katmandou.
Depuis janvier 2006, 14 enfants ont retrouvé leur famille et 70 messages Croix-Rouge ont été échangés entre familles et enfants. Le CICR a par ailleurs financé des visites familiales tous les deux mois pour les enfants qui ne peuvent pas encore rentrer chez eux.
Les activités relatives à la détention sont très réduites. Presque toutes les personnes détenues par les forces de sécurité dans le cadre du conflit ont été libérées, à l’exception de celles qui avaient été condamnées pour des délits de droit commun. Les délégués du CICR continuent à visiter ces dernières.
Des personnes détenues par le PCN-M sous divers chefs d’accusation ont également été visitées. L’objectif de ces visites est d’évaluer les conditions de détention, le traitement accordé aux détenus et le respect des garanties judiciaires fondamentales.
De janvier à septembre 2006, les délégués du CICR ont visité 213 lieux de détention du gouvernement (prisons, postes de police et camps militaires). Ils ont effectué 289 visites et vu 609 détenus. Ils ont également visité 31 détenus dans 13 lieux de détention dépendant du PCN-M. Des délégués santé ont participé à certaines de ces visites.
Avec l’aide de volontaires de la Croix-Rouge du Népal, 1 075 messages Croix-Rouge ont été échangés – dont 437 envoyés par ou à des détenus –, permettant à des proches de rester en contact. Le nombre de messages Croix-Rouge échangés est en diminution depuis avril, du fait de la libération d’un grand nombre de personnes détenues dans le cadre du conflit.
Les engins non explosés constituent toujours un problème au Népal, où ont lieu de nombreux accidents mortels, touchant surtout des enfants. Le CICR continue à recueillir des informations à ce sujet.
Assistance
Activités médicales
Les activités ont été concentrées sur les soins aux victimes du conflit, avec un soutien aux structures médicales situées à des endroits stratégiques.
Des fournitures médicales (matériel de pansement, médicaments essentiels, film radiographique, etc.) ainsi que des instruments ont été donnés à l’hôpital universitaire de Katmandou, à l’hôpital de zone de Bheri à Nepalganj, ainsi qu’à d’autres établissements médicaux. En avril, pendant la période de troubles, le CICR a procuré des fournitures aux principaux hôpitaux de Katmandou pour soigner 1 000 blessés.
En tout, 151 personnes suivant un traitement médical dans divers hôpitaux ont bénéficié d’une aide financière du CICR pour leur frais de déplacement. Onze patients ayant subi des interventions chirurgicales ont reçu le même type d'aide.
De janvier à juillet 2006, le CICR a dispensé une formation aux premiers secours et à la chirurgie de guerre à 139 membres du personnel médical. Ces séances de formation ont été interrompues en août, étant donné la progression du processus de paix.
Un physiothérapeute du CICR a poursuivi le programme de formation à l’atelier d’appareillage orthopédique du Green Pastures Hospital de Pokhara en août et septembre. En tout, 102 prothèses des membres inférieurs, 9 orthèses et 40 paires de béquilles ont été distribuées.
Sécurité économique
Au total, 1 447 ménages de 34 districts (8 202 personnes) ont bénéficié de la distribution de produits non alimentaires (couvertures, bâches, assortiments d’ustensiles de cuisine, seaux, vêtements, matériaux) pendant la période considérée. Ces articles ont été distribués en coopération avec la Croix-Rouge du Népal. De plus, 20 ménages ont bénéficié de projets microéconomiques.
Eau et habitat
Le CICR met en œuvre actuellement 21 projets visant à améliorer l’approvisionnement en eau, les installations d’assainissement et d’autres structures environnementales.
Des projets sont exécutés dans tout le pays en étroite collaboration avec le département de la gestion des prisons, au niveau des districts et au niveau national. Des ingénieurs du CICR fournissent par ailleurs des compétences techniques et des recommandations aux autorités pénitentiaires afin de faciliter le processus de remise en état des installations dans les prisons du pays.
De plus, un accord a été conclu avec le Centre de recherche sur l’énergie de l’université de Tribhuvan, et d'éminents spécialistes travaillent avec le CICR à la mise au point de biogaz, de biocombustibles sous forme de méthane et de briquettes pour des fourneaux perfectionnés, d'installations solaires et de méthodes d’éclairage afin d’améliorer les conditions de vie des détenus.
Le CICR est également actif dans les zones rurales où l’accès à l’eau potable a été compromis par le conflit. Dans le district de Jumla, un vaste projet de remise en état des systèmes d’approvisionnement en eau potable de 17 villages touche à sa fin. Le projet comprend également la fourniture de latrines communautaires et la réparation d’un système d’irrigation.
Dans le district de Taplejung, l’équipe eau et habitat a organisé pour les représentants de 27 villages un atelier de trois jours sur les questions d’eau et d’assainissement et les activités du CICR. Des outils et des pièces détachées ont par ailleurs été distribués. Les besoins en réhabilitation d'installations sont évalués par les communautés, qui fourniront les informations nécessaires au CICR afin qu’il puisse décider des mesures à prendre.
D’autres ateliers et interventions sont prévus dans les districts de Dailekh, Kalikot et Sarlahi. Un projet comprend la construction d’un nouveau système d’approvisionnement en eau pour l’hôpital de district de Kalikot. Les projets eau et habitat sont mis en œuvre en coopération avec la Croix-Rouge du Népal.
Promotion du droit international humanitaire (DIH)/droit des conflits armés
Pendant le conflit armé interne qu’a récemment connu le Népal, le CICR n'a cessé de demander instamment à toutes les parties de respecter les règles de droit. Il poursuit ses activités de sensibilisation au DIH (ou droit des conflits armés) – ainsi qu’au respect de cette branche du droit – dans le pays. À cet effet, il a présenté des exposés sur le DIH/droit des conflits armés qui s'adressaient aux forces de sécurité armées, au PCN-M, au personnel de la Croix-Rouge du Népal, ainsi qu'à des représentants des autorités gouvernementales et de la société civile.
Dans le nouvel environnement politique du Népal, le CICR concentre ses activités sur la sensibilisation à certaines questions spécifiques relevant du DIH, notamment celles des disparus, des personnes déplacées retournant chez elles et des enfants. Le CICR va par ailleurs intensifier ses efforts pour encourager les autorités compétentes à ratifier plusieurs instruments du DIH et à les incorporer dans la législation nationale.
Dans ce cadre, le CICR a déployé des efforts accrus afin d’accroître la capacité de l’armée népalaise, de la force de police armée et de la police népalaise à former leurs membres respectifs.
Entre mai et août, quatre cours pour instructeurs ont été dispensés :
- un cours de six jours destiné à 26 membres de la police népalaise et quatre membres de la force de police armée, à l’École nationale de police ;
- un cours de dix jours pour 25 membres de l’armée népalaise, au quartier général de l’armée népalaise à Katmandou ;
- deux cours de dix jours pour 62 membres de la force de police armée, à Katmandou.
Les participants comprenaient des officiers, tant supérieurs que subalternes, qui participeront à la diffusion du DIH/droit des conflits armés dans leur état-major et leurs unités à travers le Népal.
Le CICR a également présenté une série de quatre exposés sur le DIH/droit des conflits armés à des membres de la 11e brigade aérienne à l’aéroport de Katmandou.
De nombreuses discussions ont été organisées dans tout le pays avec des représentants du PCN-M, sur le DIH ainsi que sur les activités et le mandat du CICR.
Le CICR poursuit par ailleurs le travail entrepris avec des établissements d'enseignement universitaire et professionnel afin de promouvoir le DIH au Népal, en organisant plusieurs sessions de formation pour les avocats, les enseignants et les journalistes.
Coopération avec la Croix-Rouge du Népal
Le CICR fournit une assistance financière et technique pour aider la Croix-Rouge du Népal à promouvoir le DIH et les Principes fondamentaux du Mouvement, soutenant la production d'émissions de radio, de bulletins d’information et de rapports.
Il dispense des séances de formation visant à assurer la sécurité des volontaires lorsqu’ils se rendent auprès des victimes du conflit, ainsi qu'une formation aux premiers secours pour les volontaires.
Afin d’éviter les blessures dues à des engins explosifs, le CICR, en étroite coopération avec la Croix-Rouge du Népal, mène un programme de sensibilisation au danger des mines dans 20 districts touchés par le conflit. Au total, 40 enfants et adolescents ont bénéficié d’une formation visant à faire d'eux des personnes-relais en matière de sensibilisation élémentaire au danger des mines, et ce auprès de plus de 10 000 écoliers et adultes au sein de groupes communautaires.
Étant donné l’importance de la croix rouge en tant que symbole de protection, en particulier dans les situations de conflit armé, la Croix-Rouge du Népal a poursuivi sa campagne visant à sensibiliser la population à cette question et à éliminer toute utilisation abusive de l’emblème. Le CICR a contribué à cette campagne en fournissant un soutien financier et une formation au personnel et aux volontaires de la Société nationale dans tout le pays.