3-10-2007 Le point sur les activités Pakistan : activités du CICR de janvier à juin 2007 Deux ans après le tremblement de terre qui a dévasté la partie du Cachemire administrée par le Pakistan, le CICR poursuit ses vastes programmes de reconstruction. On trouvera ci-après un aperçu général des principales activités menées dans la région au cours du premier semestre 2007. Le CICR a poursuivi ses activités en faveur des victimes des confrontations armées. Les activités ont porté essentiellement sur le suivi de détenus de retour de Guantanamo Bay et des bases militaires américaines en Afghanistan, le maintien des liens familiaux avec les proches détenus à l’étranger, la visite des lieux de détention, le soutien aux hôpitaux traitant les blessés le long de la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan, et l’amélioration de l’accès aux services de réadaptation physique. Au cours de la période examinée, les vastes programmes de reconstruction se sont poursuivis dans la partie du Cachemire administrée par le Pakistan où, en 2005, le tremblement de terre a détruit de vastes zones. La même région avait été pendant fort longtemps touchée par les échanges de tir le long de la ligne de contrôle avant le cessez-le-feu intervenu à la fin de l’année 2003. Santé
Le CICR a poursuivi les travaux de reconstruction dans les communautés des vallées de la Neelum et de la Jhelum (partie du Cachemire administrée par le Pakistan) touchées par le séisme d’octobre 2005 en réalisant divers programmes dans les domaines de la santé, de la promotion des moyens de subsistance, de l’eau et de l’habitat.
Activités dans le domaine de la santé :
Programme de réadaptation physique
Pour améliorer l’accès aux soins de santé et la qualité des soins pour la population au Pakistan, le CICR a continué d’apporter son soutien au ministère de la Santé en rétablissant un bon système de soins de santé primaires. À cet égard, trois unités de soins médicaux de base ont été remises au ministère de la Santé tandis que le nouveau très grand centre de réadaptation physique de Muzaffarabad doit être prochainement inauguré et sera intégralement géré par le CICR dans les années à venir. Le centre fournira des services de rééducation à un millier de personnes handicapées par an, notamment à des patients atteints de poliomyélite, à des amputés blessés par des restes explosifs de guerre, ou à des victimes du séisme et d’accidents de la route. Protection
Détention
Le CICR a obtenu les autorisations nécessaires des autorités fédérales et provinciales pour commencer les visites des lieux de détention relevant du ministère de l’Intérieur. Pendant cette période, le CICR a visité dix prisons principales selon les modalités habituelles du CICR. Les autorités concernées ont eu connaissance des conclusions de ces visites de détention sur une base strictement confidentielle. L’ouverture des lieux de détention au Pakistan impose le recrutement de nouveaux délégués et interprètes pour le programme élargi.
Rétablissement des liens familiaux
Le CICR a assuré l’échange de messages Croix-Rouge avec les familles de détenus en Afghanistan et à Guantanamo qui ont aussi bénéficié des services de l’Agence de recherches. Au cours du premier semestre 2007, 845 messages Croix-Rouge ont été recueillis auprès des familles et distribués aux détenus à l’étranger, alors que 726 messages Croix-Rouge ont été distribués aux familles des détenus.
Sécurité économique
Les programmes du CICR visant à promouvoir des moyens de subsistance – distribution de bétail, distribution de jeunes noyers, réparation des canaux d’irrigation et remise en état des moulins à eau – se sont poursuivis comme prévu en dépit des lourdes contraintes logistiques. Le mauvais état des routes, les changements climatiques imprévisibles et les glissements de terrain constituent un défi opérationnel continu et des risques quotidiens qui exigent une approche stricte de la sûreté et de la sécurité. Les principales activités ont été les suivantes :
Eau
La remise en état des systèmes d’approvisionnement en eau des zones rurales s’est poursuivie avec un certain nombre d’Union Councils (UC), en coopération avec les communautés locales, sur la base d’accords de mise en oeuvre conjointe. Une fois que le système d’approvisionnement en eau est réparé, le projet est remis à la communauté locale qui en assumera l’entière responsabilité. Trente-quatre des 91 zones prévues ont déjà été équipées de systèmes neufs ou réparés d’approvisionnement en eau pour 30 000 bénéficiaires.
Dans les zones urbaines, la remise en état de la station de traitement d’eau desservant la ville de Hatian Bala et la reconstruction de la station desservant Gari Dupata sont en cours. Promotion du droit international humanitaire (DIH)
Le CICR a continué à développer un dialogue avec les cercles religieux et les madrassas pour diffuser des informations sur le mandat et les activités du CICR, élargir leur compréhension des besoins humanitaires lors des conflits armés et suggérer une mise en conformité entre les normes fondamentales du DIH et le droit islamique. Trois séminaires à Karachi, Muzaffarabad (Cachemire) et Abbottabad (Province de la frontière du nord-ouest) ont été organisés à l’intention d’oulémas, de muftis, de professeurs et d’étudiants.
Forces armées
Le CICR continue d’appuyer et d’aider les forces armées pakistanaises à intégrer le DIH dans leur doctrine et leur formation militaires, et de renforcer le corps d’instructeurs chargés d’enseigner le DIH. À cette fin, la délégation du CICR au Pakistan, par son programme fixé avec les sièges respectifs de trois services, a organisé six séances de diffusion du DIH et huit instructions dans d’importants établissements de formation.
Universités et collèges
Le CICR a tenu des réunions bilatérales, a rétabli des liens et créé de nouveaux contacts avec les universités et collèges à Lahore et Islamabad qui ont des facultés de droit, des instituts de relations internationales, de défense et d’études stratégiques. Le but est d’introduire le DIH comme cours comptant pour une unité de valeur. Divers instituts ont fourni une réponse favorable à l’introduction du DIH en tant que cours sans toutefois être enclins à l’organiser faute d’enseignants suffisamment formés pour dispenser ce cours. À cette fin, trois professeurs ont bénéficié d’un soutien financier pour assister à la 10ème séance de diffusion du DIH en Asie du Sud. Le CICR au Pakistan a également financé la participation de trois étudiants au Concours Jean Pictet de DIH en Espagne, où 40 équipes du monde entier se sont affrontées sur cette branche du droit.
Gouvernement
Des contacts ont été maintenus avec diverses autorités gouvernementales, notamment le ministère des Affaires juridiques et de la Justice, le Président de la Cour suprême, le Procureur général, la Commission de droit et le Procureur général des forces armées pakistanaises afin de promouvoir l’intégration du DIH dans la législation nationale pakistanaise. Trois hauts fonctionnaires ont été choisis pour participer au symposium sur le DIH à Pékin.
Société civile
Le CICR a organisé des ateliers pour la presse et des séances de diffusion à Islamabad, Karachi et Lahore sur la question de la protection des civils au cours des conflits armés. Des journalistes de milieux religieux et laïcs, de la presse écrite et électronique, ont participé activement à ces événements. Coopération avec le Croissant-Rouge du Pakistan
Le CICR a procédé à un examen conjoint du programme de premiers secours du Croissant-Rouge du Pakistan. Les recommandations serviront à développer une stratégie de premiers secours sur trois ans pour renforcer, diffuser et étendre la portée de la Société nationale dans ce domaine en élargissant les services de premiers secours aux districts exposés aux catastrophes et aux conflits ainsi qu’aux zones mal desservies. |