29-08-2006 Éclairage Sri Lanka : le bateau du CICR transporte les évacués de Jaffna dans un lieu sûr Le CICR a réussi à évacuer plus de 160 personnes de la péninsule de Jaffna, dans le nord de Sri Lanka, qui est coupée du reste de l’île à cause des combats qui ont repris au début du mois. Les évacués, dont bon nombre sont des ressortissants étrangers, ont été transportés à bord d’un navire arborant le drapeau du CICR vers le port oriental de Trincomalee. Le coordinateur terrain du CICR, Serge Thierry, était à bord de ce navire. La première chose que nous fîmes en apprenant que l’évacuation allait avoir lieu fut de jeter un coup d’oeil sur le bateau mis à disposition par le gouvernement. Le Seruwilla II, qui d’ordinaire fait fonction de ferry sur la baie de Trincomalee, a été construit en 2000, il a une capacité de 200 passagers en places assises mais ne possède pas de cabines.
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Trincomalee. Des passagers débarquent d’un ferry affrété par le CICR après avoir été évacués de la péninsule de Jaffna.
Le Seruwilla II nous a semblé confortable, en état de naviguer et sûr. Les jours suivants, nous avons été en négociation avec les deux parties au conflit pour nous assurer que nous avions les autorisations nécessaires pour le voyage. Il aurait été impossible que CICR lance une opération aussi dangereuse sans avoir les garanties de sécurité nécessaires.
Après avoir reçu généreusement du carburant pour le bateau de la part de nos collègues du HCR, et après avoir chargé une quantité suffisante de couvertures, de vivres et d’eau pour nos passagers, nous fûmes prêts à partir. Nous quittâmes le port de Trincomalee le 25 août à dix heures du matin pour la péninsule de Jaffna, un voyage qui dura dix heures. Le début du voyage fut dur car notre navire était livré à la merci du vent et des vagues. D’habitude, je n’ai pas le mal de mer, mais là je commençai à me sentir légèrement nauséeux.
Le même soir, nous naviguions à environ dix kilomètres au large de la péninsule de Jaffna lorsque les autorités nous dirent de mouiller pendant la nuit et d’entrer dans le port de Point Pedro au matin. Nous passâmes quelques heures inconfortables en haute mer, la houle de l’océan rendant le sommeil pratiquement impossible.
En arrivant à Point Pedro le lendemain matin, nous nous trouvâmes à proximité d’un cargo, battant pavillon du CICR, qui venait d’amarrer en provenance de Colombo avec plus de 1 500 tonnes de vivres et de médicaments fournis par le gouvernement sri-lankais et le Programme alimentaire mondial. J’eus ainsi l’occasion de discuter avec des collègues, de prendre une douche et de me ravitailler à bord de ce navire bien équipé. Puis, nous aidâmes au déchargement de ce cargo qui apportait des secours vitaux.
En milieu d’après-midi, nos 162 passagers, qui avaient été identifiés par les autorités locales, commencèrent à arriver avec leurs bagages dont deux voitures d’enfants. Nous eûmes du mal à faire entrer tout le monde à bord du Seruwilla II, mais nous réussîmes finalement à faire le voyage de retour vers Trincomalee.
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Un bateau de passagers CICR arrive à Trincomalee.
La mer agitée mit une fois de plus à l’épreuve notre endurance et nos estomacs. La distribution de pilules contre le mal de mer eut lieu trop tard pour certains et un soulagement se fit sentir lorsque nous arrivâmes dans les eaux plus calmes de la cote de Trincomalee à trois heures du matin. Cette fois encore, on nous dit d’attendre jusqu’à l’aube avant d’entrer dans le port.
La dernière partie du voyage s’est déroulée en autobus, relativement sans incidents, en direction de la capitale, Colombo, où les évacués, épuisés de leur voyage et de la tension des semaines passées, furent remis à leurs ambassades respectives. Bon nombre d’entre eux prirent la peine de nous remercier pour l’aide et l’appui du CICR. Il ne me restait plus qu’à rentrer prendre une douche, me changer et me reposer dans un lit qui ne tanguait pas. |