Plusieurs milliers de Sri-Lankais déplacés par le conflit armé ont besoin d’aide pour se procurer de l’eau potable, des services d’assainissement et des logements adéquats. Certains d’entre eux ont été déplacés par les récents combats tandis que d’autres ont été contraints de fuir leur foyer dans le nord et l’est de Sri Lanka plusieurs fois au cours des deux dernières décennies.
Depuis le début de 2007, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a permis à plus de 125 000 personnes déplacées à Sri Lanka – notamment aux personnes qui vivent avec les communautés d’accueil – et à celles qui sont revenues à Ampara, Batticaloa, Jaffna, Kilinochchi, Mannar, Puthukkudiyrippu, Trincomalee et Vavuniya de se procurer de l’eau potable, des services d’assainissement et des abris. Durant le seul mois d’avril, le CICR a fourni ce type d’assistance à plus de 2 000 personnes.
Le CICR aide les personnes déplacées et les personnes revenues chez elles après avoir été déplacées quelque temps en procédant au nettoyage et à la remise en état des puits, à la réparation des pompes manuelles et au rétablissement des systèmes de distribution d’eau. Bon nombre de personnes de retour chez elles ont trouvé leurs biens endommagés ou détruits par le conflit ou par des animaux sauvages. Depuis novembre 2007, le CICR a aidé 15 500 personnes de retour dans l’est du pays à reconstruire ou à réparer leurs maisons et installations (par exemple les toilettes).
Le CICR a remis en état les puits et les toilettes desservant quelque 29 000 personnes de la péninsule de Jaffna déplacées depuis les années 1990. Dans la région de Vanni, (les quatre districts situés dans le nord de Sri Lanka), il a procédé à des travaux de réhabilitation et de maintenance des puits et pompes à eau qui assurent l’approvisionnement en eau de quelque 17 000 personnes déplacées.
« L’eau potable est essentielle à la santé, et des installations sanitaires adéquates favorisent une bonne hygiène, » dit Julie Pharand, coordinatrice « eau et habitat » pour le CICR à Sri Lanka. « Les personnes prises dans le conflit armé à Sri Lanka disposent souvent d’un accès insuffisant à l’eau, aux installations sanitaires et au logement, ou bien doivent les partager. »
Aider les personnes à bénéficier de services de soins de santé à Jaffna
Le CICR coopère avec l’hôpital universitaire de Jaffna, le centre de réadaptation physique Jaffna Jaipur et avec le département des services sociaux de Jaffna pour déterminer les besoins des enfants et des adultes qui souffrent de diverses difformités congénitales ou acquises, notamment de paralysie cérébrale et d’autres troubles neurologiques. Le 15 mai, un dispensaire a diagnostiqué et enregistré gratuitement des patients, et si nécessaire, les a orientés pour suivre un traitement.
Le CICR apporte au centre de réadaptation physique un soutien financier et logistique, du matériel et des équipements pour la production d’appareils orthopédiques. De plus, il met à disposition son savoir-faire en physiothérapie et orthoprothèse et appuie la formation du personnel local.
Depuis octobre 2006, le CICR a transporté par voie aérienne plus de1 600 patients de Jaffna à Colombo pour leur permettre de suivre un traitement auquel ils ne peuvent avoir accès sur la péninsule.
Agir en tant qu’intermédiaire neutre au point de passage d’Omanthai
Le personnel du CICR travaille six jours par semaine au point de passage d’Omanthai pour faciliter le passage de véhicules et de civils entre les zones contrôlées respectivement par le gouvernement sri-lankais et les Tigres de libération de l’Eelam Tamoul (LTTE). En avril, le CICR a assuré le passage en toute sécurité de plus de 3 500 véhicules et de 37 000 civils, dont 150 ambulances et plus de 625 patients dans les deux sens.
Il a aussi transféré à travers le point de passage les dépouilles de 56 combattants de Kilinochchi, Mannar et Vavuniya. « Lorsque l’armée, la police ou les LTTE nous donnent des détails sur les dépouilles des combattants, nous transmettons ces informations à l’autre partie, » dit Jean-François Campagna, délégué du CICR basé à Vavuniya. « Ces informations concernent généralement le lieu du décès, le sexe et le numéro d’immatriculation ou la description de l’uniforme de la personne décédée. Si l’autre partie réclame la dépouille, le CICR propose de la lui transférer par le point de passage d’Omanthai, ce qui ne peut être fait qu’avec l’accord des deux parties et une fois que les formalités juridiques requises ont été remplies. » En évacuant à travers les lignes de front les restes des combattants, le CICR contribue à élucider le sort de nombreuses personnes qui seraient sinon encore portées disparues.
Protection des civils et des personnes détenues en relation avec le conflit
Le CICR continue de suivre de près les violations du droit international humanitaire que subissent les civils dans tout le pays. Il rencontre les parties au conflit pour discuter des violations et demander que des mesures concrètes soient prises pour y mettre un terme et empêcher qu’elles ne se reproduisent. Il rencontre également les victimes ainsi que les familles qui font état de disparitions ou d’arrestations de proches disparus ou arrêtés, d’exécutions extrajudiciaires et de mauvais traitements.
En coopération à la fois avec les représentants du gouvernement et des membres des LTTE, le CICR visite aussi des personnes, toujours plus nombreuses, arrêtées pour raisons de sécurité. Ces visites visent à observer le traitement et les conditions de détention. En avril, les délégués du CICR ont vu plus de 700 détenus lors de la soixantaine de visites effectuées dans 42 lieux de détention, et ils ont fourni à ces détenus des articles de loisirs, des vêtements et des articles de toilette.
Les familles de quelque 360 détenus ont reçu une assistance financière afin de pouvoir rendre visite à leurs proches en détention tandis que plus de 20 détenus libérés ont reçu une somme pour rentrer chez eux par les moyens de transports publics.
Rétablissement des liens familiaux
En coopération avec la Croix-Rouge de Sri Lanka, le CICR aide les familles séparées par le conflit à rester en contact par le service de messages Croix-Rouge. En avril, près de 670 messages ont été remis personnellement par le personnel de la Croix-Rouge.
Informations complémentaires :
Carla Haddad, CICR Genève, tél. : +41 22 730 24 05 ou +41 79 217 32 26
Aleksandra Matijevic, CICR Colombo, tél. : +94 11 250 33 46 ou +94 777 289 682
Sarasi Wijeratne, CICR Colombo, tél. : +94 11 250 33 46 ou +94 773 158 44